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Conversion

Aucun acte rabbinique, ni le mariage, ni la Brith Mila, ni la Bar Mitsva, n’a de conséquences aussi importantes qu’une conversion au judaïsme.

L’impact de cette démarche ne se limite pas à la personne elle-même et à son statut personnel, qui va changer à jamais : quand il s’agit d’une femme, elle engage aussi sa postérité et toutes les générations à venir.

Se convertir au judaïsme, c’est décider de vivre selon les principes de la Foi d’Israël et selon les commandements de la Torah ainsi que ceux établis par les sages. Par cette conversion, le prosélyte exprime sa sincère volonté d’intégrer la vocation spirituelle du peuple juif, à savoir appartenir à « une royauté de prêtres et une nation vouée à la sainteté ».

Les étapes de la conversion

Aucune durée ne peut être annoncée à l’avance : elle dépend essentiellement du sérieux, de la sincérité, du rythme d’apprentissage, de l’investissement et de la pratique du candidat ou de la candidate.

1. La candidature

Une lettre de motivation manuscrite doit être envoyée au service Conversions du Grand Rabbinat de Marseille (119, rue Breteuil, 13006 Marseille). Elle doit décrire les raisons précises de ce désir de conversion et ses réelles motivations.

Elle n’engage en rien la commission du service Conversions, qui, après analyse du courrier, jugera de la suite à donner. Souvent, un échange de courriers et d’entretiens téléphoniques se met en place, jusqu’à la décision de la commission de retenir ou non la candidature, en fonction des critères rabbiniques connus.

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2. L’acceptation de la candidature

Si la candidature est retenue, une série d’entretiens et de rendez-vous avec les responsables du service se met en place, afin de suivre, d’orienter et d’accompagner la personne le mieux possible jusqu’à la conversion.

3. Le choix d’une synagogue et d’un Rav

Le candidat devra se trouver un Rav (en général, le rabbin de sa communauté) qui acceptera de devenir son maître. Une candidate entrera en contact avec une rabbanit ou une tutrice qui l’introduira dans la vie juive.

L’environnement social du candidat — son cercle d’amis proches, les lieux fréquentés, son lieu d’habitation — est aussi un élément important de l’aboutissement de la conversion. Il sera nécessaire d’en discuter avec les Rabbanim référents du Grand Rabbinat.

4. La formation

Les candidats retenus sont orientés vers le programme de cours mis en place au Consistoire Israélite de Marseille : durant tout le processus, l’apprentissage et la formation religieuse occupent une place très importante.

Pour assurer un suivi personnalisé avec l’équipe des Rabbanim du service Conversions, le Consistoire propose un programme d’étude sur deux ans, à raison de deux séances en semaine et d’une le dimanche. Ces cours sont dispensés par les rabbins qui suivent les candidats lors de leurs entretiens, afin de mieux les connaître, de les aider et de faciliter leurs progrès.

Certains candidats s’orientent également vers des enseignants ou enseignantes en privé, pour compléter ou cibler certaines matières.

5. L’examen écrit

À la fin de sa préparation, le candidat passe un examen écrit au siège du Grand Rabbinat de Marseille. Cet examen d’une centaine de questions porte sur tous les sujets de la vie religieuse d’un juif et permet à la commission d’évaluer ses connaissances. Une personne qui a bien étudié, fréquente la communauté et pratique déjà les mitsvot ne rencontrera aucune difficulté à surmonter cette épreuve.

6. L’examen et l’entretien oral

Une fois l’examen écrit réussi, le candidat est reçu au Grand Rabbinat pour un dernier entretien oral devant les trois Rabbanim du Beth Din, présidé par le Rav Réouven Ohana, Grand Rabbin de Marseille.

7. Le Beth Din et le Mikvé

Après ce dernier entretien réussi, le candidat obtient une date de conversion. Ce jour-là, il passe devant le Beth Din (trois dayanim) qui, par un échange libre, juge une fois encore de son niveau de connaissances et de ses motivations. Si cette étape est concluante, le Beth Din procède au Mikvé, qui conclut toute la démarche et inaugure la nouvelle vie d’un fils ou d’une fille d’Abraham Avinou.

À partir du Mikvé, le converti ou la convertie est considéré comme un enfant d’Israël à part entière, appartenant à la royauté de prêtres et à la nation de la sainteté, et soumis à l’ensemble des mitsvot de la Torah.

Ce que l’on demande au candidat

Une conversion commence intellectuellement par l’engagement religieux irréversible du candidat : l’acceptation du joug de la royauté divine (ol malkhout chamaïm), du joug de la Torah (ol Torah) et de la pratique des mitsvot (ol mitsvot).

Elle se traduit ensuite par l’adoption d’une foi profonde et sincère en D-ieu, mais elle est surtout conditionnée par une pratique scrupuleuse des fondamentaux du judaïsme :

La communauté et la synagogue choisies devront être adaptées et en mesure d’apporter au candidat tous les services cultuels et intellectuels indispensables à sa formation et à sa progression. Il se rapprochera d’un maître, son Rav, à qui il posera toutes ses questions et auprès de qui il progressera dans ses aspirations spirituelles et sa pratique religieuse.

Ce qu’implique une conversion

Le sérieux du candidat

La conversion exige du candidat un engagement suprême et une grande loyauté au judaïsme. Lorsque l’engagement du converti envers les lois juives est incomplet, le résultat est compromis : si, par exemple, une personne n’observait pas le Chabbat ou les lois de cacherout après sa conversion, et n’avait pas l’intention de les pratiquer au moment de son Mikvé, sa conversion serait douteuse, voire invalide. Néanmoins, le judaïsme octroie à toute personne sincère et honnête avec elle-même le droit d’adhérer au projet divin, au message particulier et à la mission spécifique qui incombe au peuple juif.

Chaque année, nous recevons des dizaines de demandes de conversion et nous mettons tout en œuvre pour répondre, accompagner et guider les candidats dans leur quête. Les demandes sont multiples : certaines viennent de personnes ayant découvert leur bonheur spirituel dans le judaïsme, sans ascendance juive ni intérêt quelconque ; d’autres d’enfants issus d’un mariage mixte, de conjoints non juifs, ou encore de demandes de régularisation de conversions antérieures non reconnues par les rabbinats de France et d’Israël. Chaque cas est traité avec l’attention qu’il mérite.

L’amour d’Hachem et la reconnaissance de son unicité

Le critère principal doit être l’amour du judaïsme et d’Hachem. Et aimer, c’est agir !

En réalité, la vraie conversion s’effectue par le candidat lui-même, au travers de son engagement et du changement qu’il a opéré en lui. Le tribunal rabbinique ne sert qu’à authentifier et valider le changement de statut. Ce nouvel état devra influer sur sa façon de penser et d’agir dans tous les domaines : un tel engagement est encore plus contraignant et bien plus complexe que celui d’un mariage ou de l’adoption d’un enfant.

Arrivé au terme de son parcours, le converti comprendra que toutes les difficultés rencontrées n’étaient que des épreuves positives, destinées à renforcer ses convictions et à aboutir à la vraie conversion, celle du prosélyte de vérité : le Guer Tsédek.

Le candidat fera siens les propos de Ruth à Naomi :

« N’insiste pas auprès de moi pour que je te quitte en retournant loin de toi, car où tu iras j’irai, où tu habiteras j’habiterai, ton peuple sera mon peuple et ton D. sera mon D. »

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