Le Consistoire de Marseille accompagne les familles à chaque étape, des derniers instants jusqu’aux cérémonies du souvenir. Cette page rassemble l’essentiel ; le Rabbin vous donnera tous les détails, en tenant compte des coutumes de votre famille.
Sur cette page
- Premiers gestes
- Démarches administratives
- Le Consistoire à vos côtés
- Vos interlocuteurs
- Le deuil
- Le Kaddich
- La Hazkara
- Questions éthiques
Premiers gestes
Accompagner la fin de vie
À l’heure où la fin de vie médicalement assistée fait débat, nous affirmons avec la plus grande détermination et en totale cohérence avec la Torah, que la vie nous a été accordée par le Ciel et ne pourra être reprise que par Lui.
Rien, ni personne, ne doit accélérer l’arrivée de la mort !
Vous pouvez contacter le Grand Rabbinat pour connaître la démarche à suivre dès les premiers symptômes de fin de vie.
Lorsqu’il est établi que la personne agonisante approche de sa fin, on lui fera réciter le « Chéma Israël » si elle en est encore capable, en l’accompagnant ou en le déclamant soi-même dans le cas où elle ne le pourrait pas. On procédera si possible au « Vidouy », véritable acte de confession devant le Créateur et essentiel au repentir de l’agonisant.
Après le décès
Une fois la mort médicalement constatée, on procédera aux gestes suivants :
- Fermer les yeux et la bouche du défunt.
- Cacher le visage.
- Étendre les bras le long du corps, les mains ouvertes.
- Recouvrir le corps d’un drap.
- Allumer une bougie ou une veilleuse au chevet du défunt.
- Couvrir les miroirs.
- Lire des psaumes en hébreu (à défaut en français) à son chevet.
La toilette rituelle
Cette toilette (ré’hitsa) prépare le corps pour sa résurrection future. On parle également de purification (tahara). Le corps est lavé selon un cérémonial durant lequel des versets bibliques sont récités, lors d’ablutions, puis il est revêtu d’un linceul. Les hommes sont en plus recouverts du talit, dont on aura retiré un tsitsit (frange rituelle).
Attention : cette toilette répond à des règles halakhiques précises. Elle doit être réalisée par des personnes habilitées et agréées par le Grand Rabbinat.
Démarches administratives
Les proches qui déclarent le décès auprès du Grand Rabbinat doivent fournir :
- le certificat de décès ;
- le livret de famille du défunt ;
- les cartes nationales d’identité du déclarant et du défunt ;
- la Ketouba du défunt ou de ses parents.
Le Consistoire à vos côtés
Dès la déclaration du décès auprès du service « Dernier Devoir », celui-ci organise l’ensemble des protocoles religieux nécessaires :
- accueil et écoute des endeuillés par un Rabbin qui les guidera dans l’épreuve ;
- recherche et attribution d’un caveau adapté aux attentes et possibilités de la famille ;
- organisation de la veillée funéraire et récitation des psaumes ;
- organisation de la toilette rituelle et des linceuls ;
- délégation d’un Rabbin qui officiera lors de l’inhumation.
Nos équipes se déplacent pour aider et soutenir les endeuillés. Elles accompagnent, à leur demande, les familles dans l’organisation de la Hazkara des 7 jours et du mois, dans les visites au cimetière et la récitation des prières à ces occasions.
Durant toute la période de deuil, le Grand Rabbinat vous propose d’organiser, pour l’élévation de l’âme du défunt, une réunion de famille autour des paroles de Torah du Rabbin délégué aux familles.
La soirée des endeuillés
Chaque année, le Consistoire organise la soirée des endeuillés à la grande synagogue « Beth Yossef » de la rue Breteuil. Elle rassemble toutes les familles ayant perdu un proche durant l’année : des prières et des paroles de Torah y sont dites pour l’élévation de l’âme de vos chers disparus.
Vos interlocuteurs
- Responsable du service Dernier Devoir : M. Chalom Touitou — 04 91 37 49 64 · 06 34 28 15 75 · 06 29 81 84 76
- Référent rabbinique : Rabbin Yonathan Sfadj — 06 34 28 15 77
- Commission consistoriale : M. Dan Lilti, M. Mickael Amsellem
Le deuil
La mort d’un parent entraîne des règles de deuil, présentées ici succinctement. Le Rabbin donnera tous les détails, en tenant compte éventuellement des coutumes ancestrales de chaque famille. Nous pensons particulièrement aux coreligionnaires éloignés de toute communauté qui souhaiteraient obtenir des informations.
Du point de vue de la halakha (loi juive), le deuil peut s’étendre jusqu’à douze mois. Il se divise en trois périodes :
- les 7 jours (chiv’a) ;
- les 30 jours (chlochim) ;
- l’année.
S’ajoute ensuite, les années suivantes, la date commémorative du décès (hazkara).
Les 7 jours
Ils commencent le jour de l’enterrement (s’il a eu lieu avant le coucher du soleil) et s’achèvent le septième jour. Si un jour de fête (yom tov) tombe durant cette période, il sera nécessaire de consulter un rabbin.
Deux règles à retenir :
- dans le calendrier hébraïque, le jour commence toujours la veille (comme Chabbat, qui débute le vendredi soir) ;
- une partie de jour est considérée comme un jour entier.
Exemple : une personne décède le 1er janvier et est enterrée dans l’après-midi. Le septième jour sera le 7 janvier. La Hazkara aura lieu le 6 janvier au soir, à la suite de la prière de Arvit. Le 7 janvier au matin, après l’office, on récitera les versets de sortie du deuil, on procédera à une ablution rituelle des mains puis on montera au cimetière pour la récitation du Kaddich et des prières de deuil. Les endeuillés pourront alors rentrer à la maison, prendre une douche et se changer.
Les neuf interdits des 7 jours :
- Travailler.
- Se laver et se frictionner.
- Porter des chaussures composées même partiellement de cuir.
- Avoir des relations conjugales (on observera les règles de distanciation liées à la pureté familiale).
- Étudier la Torah (à l’exception des sujets ayant trait au deuil et à l’affliction).
- Saluer ou répondre à un salut.
- S’asseoir sur un siège haut de plus de 30 cm.
- Changer de vêtements (y compris les laver et les repasser).
- Sortir de la maison (sauf pour aller prier et réciter le Kaddich à la synagogue s’il est impossible d’organiser un minyan à domicile).
En cas de difficultés personnelles, familiales ou professionnelles à respecter ces interdits durant les 7 jours complets, on consultera un rabbin.
Les 30 jours
Ils commencent le jour de l’enterrement et s’achèvent le 30e jour, à condition qu’un jour de fête (yom tov) ne vienne pas couper cette période (dans ce cas, consulter un rabbin).
Reprenons notre exemple (décès le 1er janvier, enterrement l’après-midi) : la Hazkara des 30 jours aura lieu le 29 janvier au soir, à la suite de la prière de Arvit. Le 30 janvier au matin, après l’office : montée au cimetière, récitation du Kaddich et prière de deuil.
Les cinq interdits des 30 jours :
- Se couper les cheveux et la barbe.
- Participer à des réunions amicales ou familiales et autres réjouissances.
- Se marier.
- Porter des vêtements neufs.
- Saluer chaleureusement.
Les cheveux et la barbe peuvent être coupés après les 30 jours, une fois que des amis ont fait une remarque sur l’aspect négligé de l’endeuillé. En cas de nécessité particulière, on consultera un rabbin.
L’année
Pour le père et la mère, les cinq interdits s’appliquent durant douze mois. Les cheveux et la barbe peuvent être coupés une fois que des amis ont fait un commentaire sur l’aspect négligé occasionné.
Le Kaddich
Le texte du Kaddich est une merveilleuse louange adressée au Créateur. Rédigé en araméen, langue courante aux temps anciens, son texte n’évoque en rien le deuil, mais constitue au contraire, selon ses différentes versions, une véritable « prière » et supplication pour solliciter la miséricorde divine. Sa récitation par les endeuillés vient souligner que, quelle que soit l’affliction dans laquelle se trouve l’être juif, il prend sur lui et accepte avec soumission et amour le décret divin. Ce niveau de dévotion de ses proches prodigue à l’âme du défunt des mérites inestimables qui lui permettent d’accéder à la complétude et à la sérénité éternelles.
La récitation du Kaddich est l’une des mitsvot essentielles des endeuillés ; elle se fait selon le degré de parenté pendant le mois ou l’année de deuil. Le Kaddich ne peut être dit qu’en présence d’un minyan (quorum de dix hommes). À défaut de proche pouvant assurer sa récitation, il est possible de solliciter le Grand Rabbinat pour mandater un récitant.
Combien de temps le réciter ?
Pour tous les défunts, on récite le Kaddich pendant les 30 jours ; pour son père ou sa mère, pendant onze mois et une semaine (il existe des règles coutumières en la matière, consulter un rabbin). L’endeuillé s’efforcera de réciter le Kaddich des orphelins (kaddich yatom) tous les jours de l’année, à la fin de chaque office.
Remarque : on compte douze mois pour ses parents et non une année, car il existe des années de 13 mois.
La veilleuse
Une veilleuse est allumée durant l’intégralité des sept jours suivant la disparition du proche. Certains perpétuent cet allumage durant le mois entier, d’autres encore durant l’année. Plusieurs sens ont été attribués à cette coutume :
- la spiritualité de l’âme est attirée par la lumière et en tire un véritable profit (Rabbeinou Be’hayé) ;
- l’allumage constitue une expiation pour l’âme (Hafets Haïm).
Texte phonétique du Kaddich
Yitgadal veyitkadach chemé raba, (amen)
Béalma di vera khirouté, veyamlikh malkhouté veyatsma’h pourkané vikarèv mechi’hé, (amen)
Be’hayékhone ouvéyomékhone ouve’hayé dekhol beït Yisraël, baagala ouvizmane kariv véïmrou amen.
Yehé chemé rabah mevarakh lealam oulealmé almaya, yitbarakh veyichtaba’h veyitpaar veyitromam veyitnassé veyithadar veyitalé veyithalal chemé dekoudcha, berikh hou. (amen)
Lééla mine kol birkhata vechirata, touchbé’hata vené’hémata, daamirane béalma. Véïmrou amen.
[Al Yisraël veal rabanane véal talmidéhone véal kol talmidé talmidéhone veal kol mane deaskine beoraïta di véatra hadène vedi bekhol atar veatar, yehé lehone oulekhone chelama rabah ‘hina ve’hisda vera’hamine ve’hayine arikhine oumezona revi’ha oufourkana mine kodam avouhone di vichmaya, véïmrou amen.]
Yehé chelama raba mine chemaya, ve’hayim tovim alénou veal kol Yisraël, veïmrou amen.
Ossé chalom bimromav hou yaassé chalom alénou veal kol Yisraël véïmrou amen.
La Hazkara
À la date anniversaire de l’enterrement la première année, puis du décès les années suivantes selon la date hébraïque, on organise un office à la mémoire du défunt. Cette cérémonie se nomme hazkara (souvenir) en hébreu, ou jahrzeit en yiddish.
Certains ont la coutume de jeûner pour leurs parents le jour anniversaire (sauf Chabbat et fêtes).
Il est de coutume de commencer à réciter le Kaddich dès le Chabbat soir qui précède la hazkara, jusqu’à la date anniversaire comprise. On essaiera aussi, dans la mesure du possible, de monter à la Torah le Chabbat matin, en l’accompagnant d’une prière de la « Achkaba ».
Le Consistoire de Marseille se tient à votre disposition pour vous accompagner dans l’organisation des cérémonies commémoratives : n’hésitez pas à contacter le référent rabbinique.
Puisse l’Éternel consoler tous les endeuillés !
Questions éthiques
Qu’en est-il de l’incinération ?
L’incinération est interdite dans la loi juive.
La Torah nous enseigne que seule l’inhumation en terre est respectueuse du corps physique qui a été, durant toutes les années de vie, le partenaire indissociable de l’âme. Ils sont appelés à être à nouveau réunis lors de la résurrection. Faire disparaître le corps constituerait un empêchement pour l’âme du défunt à accéder au Monde Futur et à la résurrection des morts.
Et concernant l’euthanasie ?
« J’ai mis devant toi la vie et la mort, le bonheur et la calamité. Tu choisiras la vie. » (Dt 30,19) C’est sur cette injonction du Deutéronome, exprimant simultanément la primauté de la vie et la possibilité d’un choix, que s’articule la pensée éthique juive, en particulier la pensée médicale, même et surtout quand elle est confrontée à l’imminence de la mort.
La vie est en effet la valeur suprême du judaïsme. Échappant au pouvoir créatif de l’Homme, elle est considérée comme un don de D.ieu. L’Homme en est le dépositaire, mais le judaïsme ne lui en reconnaît pas la propriété. La sauvegarde de la vie prévaut sur tous les commandements, y compris le plus sacré de tous, le respect du Chabbat. Nous connaissons tous l’adage d’Isaïe repris dans le Talmud : « Qui sauve une vie sauve le Monde », et le vœu solennel que l’on profère en portant un toast : « Le H’aïm ! » (À la vie !) La mort est un mal inévitable, qui doit être retardé dans la mesure raisonnable du possible, car c’est ici et maintenant que le destin de l’Homme doit s’accomplir et non dans une hypothétique vie future.
L’administration d’un traitement dans l’intention d’interrompre la vie, fût-ce pour abréger les souffrances, est considérée comme un meurtre : le judaïsme condamne sans réserve l’euthanasie active.
En mémoire de Marc Sebbane (zal)

Une reconnaissance infinie envers Marc Sebbane (zal) pour le travail accompli au service de la Hevra Kadicha pendant de longues années. La communauté juive de Marseille ne l’oubliera jamais.

